Moussa Aimé, le ‘’lion’’ de la musique tchadienne

21 juin 2023

Auteur, compositeur, interprète et instrumentiste, son timbre vocal est remarquable. Il réussit à l’adapter à plusieurs genres musicaux.

Moussa Aimé surfe sur des rythmes Afrobeat, des styles traditionnels tchadiens et même un brin jazz. Auteur, compositeur, interprète et instrumentiste, son timbre vocal est remarquable. Il réussit à l’adapter à plusieurs genres musicaux. Benjamin d’une fratrie de six enfants, il est né à Brazzaville au Congo, mais a grandi au Tchad. Son amour de la voix, il le découvre dès son jeune âge.  Ce qui le conduit à intégrer la chorale de son église où il travaille à soigner sa diction et son aisance à chanter.

Le Bac en poche, il s’envole pour le Nigeria. Nous sommes en 2005.  Parallèlement aux études supérieures pour lesquelles il a dû faire le déplacement du pays dit « le géant d’Afrique », il ménage son programme d’étudiant pour raffermir ses connaissances musicales. 2009, il est de retour dans son Tchad natal, balbutie entre musiques gospel et la world music jusqu’en 2016 où il se décide définitivement.

Aujourd’hui, dans sa discographie, il y a un album gospel, un maxi single de sept titres et un autre album de musique mondaine. Toutes ces productions mettent en valeur le talent remarquable de l’artiste musicien car, il ne fait pas que chanter.

Artiste engagé, il l’est. Plusieurs de ses titres, interpellent les gouvernants d’Afrique et dénoncent le mal-être du bas peuple. Bien que les mélomanes lui reconnaissent cet engagement, Moussa Aimé relativise. « On n’a pas besoin d’être artiste pour être engagé. Lorsqu’une situation nous interpelle, on est obligé de donner notre point de vue. Pour ou contre le peuple, c’est un engagement », confie l’artiste.

Il faut le croire, le talent de l’artiste lui vaut de l’estime. Avec Maoundoé Célestin, « son grand » comme il aime à l’appeler, Moussa Aimé remixe son titre “I am a lion”. Une collaboration née quasi naturellement. Difficile de catégoriser l’artiste dans telle ou telle tendance générationnelle.

Moussa Aimé surfe sur des rythmes Afrobeat, des styles traditionnels tchadiens et même un brin jazz. Auteur, compositeur, interprète et instrumentiste, son timbre vocal est remarquable. Il réussit à l’adapter à plusieurs genres musicaux.

 Lorsqu’il lui est demandé de se prononcer sur le showbiz tchadien, il a un pincement au cœur. « C’est zéro encore. C’est maintenant qu’on se cherche. Je dirai même que zéro est mieux. Le sponsoring, n’en parlons pas. Une grande institution peut sponsoriser un événement, elle encombre ta scène pour un appui financier presque insignifiant. Ça va changer avec le temps ou bien c’est peut-être nous artistes qui ne nous prenons pas bien, je ne sais pas ». C’est dans cet environnement peu favorable que l’artiste a forgé sa remarquable carrière.

A tout ceux qui, pour peu qu’un jeune réussisse, s’en pressent de lui jeter de l’opprobre et l’accusent de baigner dans des pratiques occultes, Moussa Aimé n’a qu’un message. D’ailleurs il le leur adresse en chanson. « Où est la magie », est son titre qui invite à se départir de l’aigreur. « Ma conversion d’artiste gospel à artiste mondain et ma participation à une télé réalité ou on pouvait me voir avec les grandes figures de la musique tel que Papa Wemba, fally Ipoupa, serge Bennau… a créé une suspicion. Des gens refusaient d’admettre que c’est par la force du travail que je suis arrivé à un tel niveau », regrette-t-il.

Lauréat du Prix Acamod talent international, l’artiste a fait une tournée africaine. Tournée qui lui aura beaucoup apporté.

« Le monde de mes rêves », c’est le nom de son dernier album de 14 titres. Moussa Aimé surfe sur des rythmes Afrobeat, des styles traditionnels tchadiens et même un brin jazz.

Depuis un bon bout de temps, l’homme qui se défini comme étant un « bosseur » est entre deux avions. Tantôt à N’Djamena au Tchad, tantôt à Paris en France où il est fait ambassadeur d’association ainsi que d’une maison de production.

Parfait NDO-DANGSOU